A méditer

La Petite Bougie

Un conte pour enfants

J’ai composé ce conte pour ma petite fille, Samsara Menuka. Bien que composé à l’intention des plus petits, il semble être apprécié aussi par certains adultes. Aussi le partageons-nous dans l’esprit de liberté et de non-conformisme que nous souhaitons donner à ce site. (PP)

"Vous êtes la lumière de monde"  -  Matthieu 5:14

"Donnez de la lumière, et l’obscurité disparaitra d’elle-même." Desiderius Erasmus

Il y avait une fois un pays dont les habitants étaient des bougies.

Il y en avait de toutes les formes, sortes, tailles et apparences.

Des bougies de mariage et d’enterrement, de grandes bougies fines et élancées comme des danseuses de ballet, d’autres courtaudes et fortes à la taille comme des nains de jardin. Des bougies aux couleurs brillantes, d’autres comme des arcs en ciel, d’autres toutes simples et blanches.

Et toutes ces bougies vivaient juste comme les êtres humains, elles dansaient, riaient, courraient, travaillaient, dormaient – et surtout, elles aimaient beaucoup s’amuser.

Certaines bougies étaient toujours disposées en cercle, d’autres en rangées comme de petits soldats. Les unes servaient dans des églises ou des temples, d’autres pour veiller un enfant avec de la fièvre ou pour éclairer des caves ou des galetas. Les unes rehaussaient de leur éclat des gâteaux d’anniversaire et le festin du roi, d’autres se contentaient modestement de réchauffer des plats ou éclairer une photo.

Mais toutes ces bougies avaient une mission commune: servir, que ce fut en faisant de la lumière ou réchauffant des plats.

Chaque année, dans le royaume des bougies, il y avait un grand concours pour voir quelle bougie brillerait le plus fort. N’importe quelle bougie pouvait s’inscrire. On choisissait la nuit la plus noire de l’année, une nuit sans lune ni étoiles, et la bougie qui brillait le plus fort était couronnée par la reine elle-même “Princesse (ou prince) de la nuit”.

Chaque année, le concours avait lieu dans une contrée différente du pays, avec une exception. Jamais on ne l’avait organisé dans la vallée de la nuit d’encre.

Cette vallée avait la réputation d’être si sombre, si noirement obscure, qu’aucune bougie n’avait jamais eu le courage d’y aller de nuit, de mémoire de bougie. On la disait habitée de démons si méchants et sombres que la seule évocation de ces derniers faisait trembler la lumière de la bougie la plus courageuse.

Pourtant, il y avait dans le pays une petite bougie particulièrement courageuse qui s’appelait Menuka. Son grand-père – une vieille bougie qui en avait vu de toutes les nuits (plutôt que de toutes les couleurs) dans le monde entier, car il avait beaucoup voyagé, et qui avait même veillé le dernier roi, le père de la reine actuelle – son grand-père lui avait dit que la lumière était toujours, toujours plus forte que la nuit la plus sombre et la plus terrible. Il avait même ajouté qui si Menuka entrait dans la caverne la plus sombre au plus profond des entrailles de la terre, sa lumière en chasserait les ténèbres. “Les nuit peut pousser des hurlements lugubres, brandir tous les fantômes du monde, en fin de compte, elle s’enfuira toujours devant la lumière d’une bougie courageuse.”

Or il arriva que dans le royaume des bougies, on devait célébrer le 1000è concours annuel de la bougie la plus brillante. La reine avait longuement consulté ses sages et ses conseillères pour savoir quel éclat particulier donner à cet événement. Sa conseillère la plus écoutée, Jebrillencore, lui avait suggéré que le concours ait lieu… dans la vallée de la nuit d’encre.

Après avoir longuement réfléchi, la reine acquiesça à cette idée et fit proclamer  la nouvelle dans tout le royaume.

Mais contrairement aux autres années, où des centaines de bougies se portaient candidates, cette année là, seule une douzaine de grosses bougies adultes fort épaisses, qui avaient déjà affronté de longues nuits très noires, s’inscrivirent. Il y avait une exception: Menuka.

D’abord, le jury ne voulut pas accepter sa candidature. Comment une petite bougie toute simple et blanche pouvait elle espérer survivre même quelques minutes à la nuit noirissime de la vallée de la nuit d’encre? C’était ridicule, disaient le jury, en se donnant les grands airs de Ceux Qui Ont Tout Compris. Mais comme il n’y avait pas de limite d’âge, et que les parents de Menuka encourageaient même leur fille, ils furent bien obligés, en grinchonnant et en faisant bien comprendre qu’ils dégageaient entièrement leur responsabilité, de l’inscrire.

Les astrologues du royaume avaient été consultés pour sélectionner la nuit la plus sombre de l’année. Ils avaient bien fait leur travail, car à 16h30 le jour dit il faisait déjà si sombre qu’on ne voyait pratiquement rien. Le cortège du jury et des bougies candidates s’approchèrent de la vallée de la nuit d’encre. Une après l’autres, les bougies adultes commencèrent à se défiler. L’une prétexta une méchante grippe, l’autre commença à tousser si fort qu’elle faillit éteindre le flambeau qui la précédait, une troisième prétexta qu’elle avait oublié son manteau, une autre ses allumettes… Finalement, à l’entrée de la vallée, il ne restait qu’une grosse bougie très vaniteuse et Menuka. On alluma leurs mèches, et elles pénétrèrent dans la vallée, le jury restant à l’entrée de cette dernière, sur un grand plateau surélevé.

L’obscurité dans la vallée était si sombre qu’on ne pouvait même pas distinguer sa propre main 30cm. devant le nez. C’est ce moment que choisit la grosse bougie pour annoncer qu’elle sentait les premiers symptômes d’une crise d’appendicite et elle se défila assez piteusement.

Menuka restait seule, petite bougie courageuse face à l’obscurité la plus noire à laquelle une bougie ait jamais eu à faire face dans toute l’histoire des bougies. On entendait des grondements et des hurlements effroyables, mais Menuka tenait bon. Elle pensait à une seule chose que lui avait dit son grand-père: toute l’obscurité de l’univers ne peut éteindre la plus petite bougie.

Et c’est alors que le jury remarqua quelque chose d’étonnant: plus la nuit s’obscurcissait, et plus la bougie de Menuka brillait clairement. Les heures passèrent. Les démons de l’obscurité eurent beau noircir la nuit comment jamais auparavant, ils ne faisaient que mieux faire ressortir la clarté de la flamme de Menuka! On les entendait jurer, crier, s’insulter se donner ordres et contrordres – rien n’y faisait. Le désordre et le désespoir montait dans le camp de la nuit. Comment? Cette petite bougie maigrichonne qui tenait tête, toute seule, à toutes les armées de la nuit? C’était inconcevable, plus rien ne marchait dans l’univers…

Et c’est alors que, le matin approchant, on entendit chanter le premier merle. C’était un chante si clair, si pur que la nuit même en frémit. Et lentement, presque honteuse, en marchant à reculons, l’obscurité quitta la vallée de la nuit d’encre.

Quand les premiers rayons de soleil atteignirent la vallée, on aurait dit que tous les oiseaux du royaume s’y étaient donné rendez-vous. Menuka, fatiguée mais joyeuse, éteignit sa petite mèche.

La reine elle-même vint à sa rencontre à l’entrée de la vallée. Elle ordonna une fête comme jamais le royaume en avait connu de mémoire de bougie. Elle offrit à Menuka la main de son fils, le prince, une belle bougie droite et élancée comme un sapin, aux couleurs resplendissantes, et décorée de paillettes argentées.

Bien sûr, ils vécurent heureux de longues années et eurent beaucoup de petites bougies.

Mais depuis ce jour-là, ou plutôt cette mémorable nuit, les démons abandonnèrent à tout jamais la vallée de la nuit d’encre. Et surtout, les bougies surent à tout jamais qu’elles avaient en elles assez de lumière pour tenir tête à toute l’obscurité de l’univers.

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